jeudi 15 mai 2014

Rath Beag, Rathcroghan


Le site royal de Cruachain (Rathcroghan) situé dans le comté du Roscommon, fait partie des plus anciens sites d'Irlande, ce complexe ayant été occupé depuis l'ère pré-chrétienne est considéré comme ayant joué un rôle primordial dans l'histoire ancienne du pays. On y compte de nombreux sites, notamment celui du souterrain Owenygat (la cave aux chats), dont je vous ai parlé ICI 

Au pied de cet immense tertre, deux pierres placées bizarrement que je n'ai pu identifier


C'est en nous rendant à ce souterrain que nous sommes tombés sur ce que nous avons pris au début pour un tumulus : RATH BEAG, un des éléments les plus importants du complexe.

Il est tellement grand qu'il était difficile de faire des photos représentatives. Ce monticule est ceint d'un fossé et d'un anneau de terre.



Au loin, on aperçoit un autre tertre : RATH NA DARBH


Celui ci est également de grande taille. Il fait environ 85 mètres de diamètre, et est également ceint d'un fossé profond et d'un anneau de 2 mètres environ.

Cet ancien site celtique est associé à la bataille des "Taureaux" dans le conte légendaire Tain Bô Cuailnge, où le taureau noir de Cooley Donn Cuailnge aurait vaincu le blanc Finnbennach de Connacht.

Dommage que nous n'ayions pas été renseignés sur le site, mais c'est sûr maintenant, il y a trop de choses à découvrir dans le coin, une nouvelle expédition s'imposera donc.




Longitude: 8° 18' 29" W
Latitude:  53° 48' 24" N





mardi 13 mai 2014

Owenygat Rathcroghan

ou the Cave of Cats


Nous voici arrivés dans le comté du Roscommon, à environ une heure de route de notre lieu de villégiature. Notre journée sera consacrée à la chasse aux mégalithes, plus particulièrement cette année les Ogham stones.

Parmi nos découvertes, Owenygat, le plus long souterrain connu à ce jour dans le comté.  Il s'agit d'une grotte de calcaire naturelle, dont l'entrée a été modifiée à l'âge de fer par la construction d'un souterrain. Sa particularité est d'avoir à son entrée deux pierres d'ogham posées horizontalement, ce qui est relativement rare. Cette grotte pourrait être la grotte de Crùachu citée comme la Porte de l'Au-delà dans le conte irlandais ECHTRA NERAI.

Nous nous sommes aidés de coordonnées GPS trouvé sur un site "spécial irish mégalithes", mais une fois arrivés sur place, nous ne localisons pas de suite l'entrée. Du coup, plutôt que de tourner en rond dans les champs avoisinants, je me hasarde à aller frapper à la porte d'une maison qui se trouve tout près, et son propriétaire nous indique gentiment l'endroit.. (nous n'aurions jamais trouvé tout seuls). L'entrée est bien cachée sous les arbres.

C'est bien évidemment Nounours le téméraire qui se lancera à la découverte de ce souterrain dont nous ne savons que très peu de choses. Je dois avouer que m'enfoncer sous terre, comme ça, dans un endroit que je ne connais pas me laisse un peu effrayée... 

Equipé d'une grosse lampe, et de mon appareil photo, il part donc en éclaireur !!!

L'entrée est étroite, mais elle donne tout de suite accès à une petite chambre. Les pierres d'Ogham sont là, qui servent de linteaux ce qui est assez rare.





L'inscription qui y est gravée est traduite ainsi : VRAICCI MAQI MEDVVI ce qui signifie : FRAECH, FILS DE MEDB.

Après un petit moment d'extase, il décide de poursuivre son exploration. Un passage étroit s'élargit ensuite pour laisser place à un couloir. 

Le sol est en terre (fort boueuse puisqu'il a fortement plu ces derniers temps). Les parois, le plafond sont fait de dalles et de blocs de calcaire.









A un endroit donné, à un peu plus de 2 mètres de hauteur, on peut voir des inscriptions.Nous retravaillerons les photos pour voir si nous pouvons en sortir quelque chose :





Ce souterrain est très souvent visité, et certains y font certainement des voeux.. la preuve cette petite pièce laissée en guise de don

Au début de la petite expédition, Nounours me commentera ce qu'il voit.. je suis restée à l'extérieur et je suis un peu "jalouse", mais encore trop effrayée à l'idée d'y pénétrer. Le moment où il s'engagera dans le couloir pour poursuivre, le contact sera rompu... J'attends tranquillement qu'il revienne... mais le temps passant, et face au silence qui fait suite à mes appels, je commence à paniquer... je ne sais combien de temps se sera déroulé, mais trop longtemps à mon goût 'un peu plus de vingt minutes sans nouvelles. Je file chez le fermier qui nous a gentiment vers le site pour lui expliquer toute tremblante que mon Nounours ne revient pas... Ne vous moquez pas, ce fut des instants terribles. Le Monsieur gentiment se propose d'aller le chercher... et cela me rassure un peu, finalement, cette grotte est plus accessible qu'elle n'en a l'air... et j'aurais peut être pu y aller.... grrrr

A son retour l'enthousiasme de Nounours fait plaisir à voir... même si un léger sentiment de frustration se fait sentir.. ne pas avoir été suffisamment équipé (bottes et vêtements très étanches) pour aller plus loin... 

La pluie venue, nous devons nous résigner à rentrer, sachant que les alentours sont riches en monuments tels que :

- un enclos
- un ring-fort de 60 m de diamètre avec un enclos d'environ 105 m (faisant partie d'un ensemble fermier)
- un peu plus loin un autre ring
- plusieurs monticules type tumulus, d'où ont été découverts des restes de charbon de bois datés du 2ème siècle avant notre ère
- une tombe du néolithique... Cloghannacorp



De toutes façons, nous y retournerons, et cette fois-ci, je ravalerais mes angoisses et j'irais jouer les souris dans "La grotte aux chats" !!!

Coordonnées GPS : 53 47' 50.292"N 8 18' 37.704"W

mercredi 7 mai 2014

Achill Island



Achill Island, magnifique, mythique, mystérieux. Voilà comment je qualifierai cet endroit. Quelque soit l’endroit où l’on pose les yeux, on est éblouis par la lumière, l’immensité de l’endroit. 






Cette île est rattachée au continent par un simple pont est très peu peuplée, et offre des étendues de tourbières à perte de vue, des monts en permanence coiffés de nuages et des vallées aux milles couleurs, l’ensemble investi par une population incroyable de moutons. Il en est à chaque détour, à chaque coin de route. Ici vous êtes chez eux !






Cette fois ci, la randonnée que nous avons choisie est une boucle qui démarre à Dooagh passe par Keel, traverse la montagne et le « Deserted Village », et mène à une ancienne mine d’extraction de quartz où quelques rares spécimens de tourmaline ont été découverts, pour retourner après 12,5 kms à Dooagh.


La baie de Dooagh

La première partie de la randonnée se fait sur route. Ce n’est pas ce que je préfère, d’autant plus qu’on a l’impression que ces rubans de bitume n’en finissent jamais. Un soleil de plomb nous assomme, mais nous restons vigilants, ici le temps change très rapidement. En moins de temps qu’il faut pour le dire, il faut ré-enfiler les ponchos et l’inverse aussi. Nous profitons de cette portion facile pour admirer, encore et encore le paysage. En fait on ne s’en lasse  pas.



Dès que nous passons Keel, nous empruntons la route en direction du mont Slievemore, majesteux avec sa coiffe nuageuse et après environ 2 kms environ nous bifurquons dans la montagne, en direction du village déserté. Les raisons de cet exode sont encore quelque peu méconnues. Il semblerait que durant la grande Famine, ses habitants soient retournés vers la côte, où la vie serait moins austère. Les nombreuses fouilles archéologiques faites à cet endroit ont montré que le site existe depuis très longtemps, depuis l’Age de Bronze. Les maisons sont très petites, souvent constituées d’une seule pièce principale et d’une autre pièce qui servaient à entreposer les vivres. On découvrira également des enclos à moutons. Ici, jusqu’en 1940 on pratiquera l’agriculture alternée (pommes de terre / céréales), mais aussi la transhumance. Les éleveurs venaient passer les meilleurs mois de l’année dans ces petites maisons pendant que leurs moutons paissaient dans les prairies avoisinantes. On a découvert aux alentours de ce site quelques sépultures du néolithique.







En continuant l’ascension, à l’ouest du village nous arrivons à l’ancienne mine d’extraction de quartz. Cette mine fut exploitée entre 1910 et 1916, vite abandonnée car très difficilement accessible et peu rentable. Les machines d’extraction se meurent doucement face au mont Croaghaun dont une partie des versants plongent dans l’Atlantique.



Au retour, nous ne manquerons pas de poursuivre notre périple cette fois-ci en voiture jusqu’à Keem Strand, un endroit bien connu des pêcheurs et des surfeurs. Là encore, les moutons sont seigneurs sur la route TRES étroite et haut perchée. C’est dans un plongeon vertigineux que nos regards se fixent sur la  baie de Keem. Le bleu de la mer n’a d’égal que celui du ciel.



Un petit crochet vers le « filon » où furent, il y a quelques décennies, découvertes les « fameuses » améthystes d’Achill Island… Nous rentrerons bredouilles…  faute d’outillage adapté au prélèvement ciblé de quartz pouvant en contenir. Mais il est certain que notre intention est d’abord le respect des lieux et de son environnement géologique.





Quoiqu’il en soit, la richesse de cette escapade c’est avant tout celle des sensations que nous ressenties.