mercredi 3 décembre 2014

DownPatrick Head

Irlande 2010

En quittant le petit village de Killala (co Mayo), en direction de Ballycastle, on ne s'attend pas vraiment au spectacle qui nous attend à DownPatrick Head.

Le paysage verdoyant de champs et de prairies s'effondrent brusquement dans la mer dans un fracas assourdissant.




Ces falaises, vieilles de plus de 350 millions d'années reçoivent de plein fouet, et dans une violence incroyable, les vagues de l'océan.. et ce même par temps calme..



Nous avons laissé la voiture sur le parking pour prendre le petit sentier. Dans un premier temps, nous découvrons un gouffre de plus de 30 m de profondeur (Poll na seantoine) provoqué par l'effondrement de la roche sous les assauts de la mer.


L'on raconte d'ailleurs que lors du soulèvement de 1798, les insurgés tentèrent de s'y cacher pour échapper aux Anglais, mais qu'ils furent tous emportés par la marée. Une plaque commémorative leur rend hommage.


Nous nous approchons, presque impatients, de Dun Briste, un promontoire rocheux qui s'est détaché de la falaise et qui d'ailleurs fait la notoriété de l'endroit.



L'endroit est magique, impressionnant.

Malgré l'épaisse couche de roche sous nos pieds, nous sentons sous nos pieds les vibrations de la mer qui s'engouffre dans les interstices de la falaise qui lui sont offerts, ou plutôt qu'elle a créés au fil des millénaires. Sensations toutes particulières où se mêlent curiosité et vertige.



Ce rocher fait l'objet de nombreuses légendes. Celle la plus retenue est l'histoire d'un ogre, Geodruigse, qui vivait à l'emplacement de ce rocher. Il exaspérait Saint Patrick qui demanda à Dieu de l'en débarrasser. Au lendemain de cette prière, le sol s'effondra dans un grand fracas autour de l'ogre qui se retrouva ainsi isolé sur le rocher...

Il y a quelques années, des archéologues se sont fait déposer sur Dun Brist, certainement les premiers hommes à fouler ce sol depuis longtemps. Leur petite visite ne fut pas vaine puisqu'ils y découvrirent les restes d'une maison médiévale, des crêtes de culture, et une pierre ronde, certainement destinée à moudre le grain.

Nounours n'a pas hésité lui, à s'approcher au plus près du bord...


Nous y avons d'ailleurs aperçs des pêcheurs qui ne semblaient nullement impressionnés par la hauteur et le  fracas des vagues...




Nous avons tout de même rencontré Saint Patrick, enfin l'hommage qui lui est fait pour avoir débarrassé l'endroit de l'ogre lunatique



Aujourd'hui encore, les pèlerins qui lui rendent visite lui laissent une piécette en remerciement.. accompagnée certainement d'un voeu.

Non loin de là, nous avons découvert les restes d'une sépulture, impossible à dater, certainement très ancienne.

*

et un peu plus loin les restes d'une structure d'habitation ou de corps de garde, mais sans plus de précisions non plus


Enfin, sur le chemin du retour, nous nous sommes rendus compte que nous marchions sur un ring, de l'âge de bronze certainement..


Si aujourd'hui DownPatrick ne représente plus vraiment un grand intérêt archéologique, il reste le paradis des pêcheurs et des ornithologues qui ne pourront se lasser d'observer les oiseaux nicher à flanc de falaises, nullement incommodés par le bruit




lundi 17 novembre 2014

Mary la rouge

Petite histoire irlandaise, celle de "Maire Rua" autrement dit Mary La Rouge (O'Brien), histoire qui accompagne le château de Leamaneh (comté du Clare)



En 1639, Mary Mac Mahon épousa Conor O'Brien, seigneur du château de Leamaneh.

A ses côtés, elle combattit ardemment l'envahisseur anglais ; mais le 25 juillet 1651, Conor tomba dans une embuscade tendue par les soldats de Cromwell et mourut de ses blessures le lendemain dans les bras de son épouse.

Mary, dans un élan de hardiesse se rendit à Limerick afin de rencontrer Ireton, commandant en chef de l'armée de Cromwell. Elle déclara impétueusement qu'elle épouserait le premier officier anglais qui aurait le courage de lui demander sa main et c'est ainsi qu'elle convola en juste noces avec un jeune porte-étendard, John Cooper. Un soir qu'il était un peu plus ivre que d'habitude, elle s'en débarrassa en le jetant par une des fenêtres du château.

De nombreuses histoires se sont racontées au sujet de Mary, en raison de sa violence et de sa cruauté. Ainsi, lorsqu'elle était insatisfaite de ses domestiques, elle n'hésitait pas à les faire pendre, laissant leur dépouille en pâture aux corbeaux. Les hommes étaient pendus par le cou, les femmes par la chevelure.

Elle avait un appétit sexuel insatiable et séduisant tout autant les jeunes hommes ou les jeunes femmes.

Elle ne tarda pas à avoir une réputation de sorcière.

Les circonstances de sa mort restent un mystère. Pour les uns, elle fut enterrée vivante par ses ennemis dans un arbre creux et mourut de faim, Pour les autres, lors d'une nuit de tempête, alors qu'elle chevauchait entre Ennis et Corofin, sa longue chevelure rousse se prit dans les branches d'un arbre, elle tomba de cheval et mourut.

Quelles que soient la ou les vérités racontées à son sujet, l'on dit qu'aujourd'hui elle hante le château de Leamaneh et ses alentours...

Alors....









mardi 11 novembre 2014

Ceathrù Thaidhg

Souvenir, Benwee head, avril 2011... (co Mayo)

Encore une petite rando bien plaisante que nous avons à notre actif... décidément, l'Irlande nous fait plaisir.

Nous attend un circuit d'une dizaine de kilomètres, à travers monts et tourbières. Dénivelé 180 m, donc cela ne devrait pas être trop compliqué !


Plus nous avançons vers Benwee head, plus nous nous enfoncerons dans une région profondément gaélique. La double inscription sur les panneaux disparaît au profit de cette langue ancestrale


Et bien on va faire avec !!! et encore une fois Juliette (notre GPS.. eh oui nous lui avons donné un nom), ainsi que la carte OS N° 22 (Ordonnance Survey) nous seront d'un grand secours.

C'est sur le parking du lieudit Seanscoil que nous lâcherons le véhicule pour entamer notre balade. Le temps est superbe et déjà, couleurs et senteurs nous envahissent


(Rinroe Point)

Nous passons non loin d'un cimetière dans lequel nous apercevons un petit cairn ou tumulus, sur lequel se trouvent une croix gravée ainsi qu'une stèle qui doit bien dater du VII ou VIII ème siècle. Nous ne nous attardons pas, nous avons du chemin à parcourir




Avant d'atteindre la "montagne", nous traverserons une petite zone dunaire.. pour l'instant cela a l'air facile... Là encore, je voudrais bien m'arrêter pour tout photographier mais bon, j'attrape avec mon âme ces couleurs que j'affectionne tant...



Nous sommes surveillés par les autochtones qui se demandent bien ce que nous faisons là !!!


Nous entamons la montée. J'ai les yeux rivés au sol à la recherche de quelques "pierres" pas ordinaires. Pas la peine, Nounours en a trouvé un (quartz laiteux).. un peu gros pour ma collection


La montée se veut relativement facile, et je suis fascinée par le paysage qui m'entoure... je pourrais le contempler des heures...




L'air est chaud, le vent s'est quelque peu calmé, nous nous sentons bien, je me sens bien. Mais là ça commence à grimper un peu plus dur !!




Passé le "raidillon" nous entamons notre périple à travers les tourbières

La vue que nous avons est absolument fantastique, d'un côté les monts et tourbières, de l'autre la mer. Pas un bruit, à part le ressac des vagues qui s'écrasent sur les rochers. Plus un brin de vent cette fois-ci, pas âme qui vive, le bonheur quoi ....



La montagne, la mer, les couleurs, les senteurs nous envahissent à chaque pas.. et nous fait presque oublier le chemin à parcourir.




Tout se découpe, s'entremêle.. Nous sommes déjà fatigués et pourtant nous n'avons parcouru que la moitié du circuit qui je vous le rappelle fait environ 10 kms... allez on y retourne


Pause déjeuner dans une petite "vallée" près d'un ruisseau.



Découverte d'un fossile géant (Echinopora -Crétacé)... trop gros pour être emporté.. donc clic clac, dans la boîte


Plus loin, traversées des exploitations de tourbières, dont certaines laissées à l'abandon pour que la nature refasse son travail




Notre retour à la civilisation sera marquée par le passage près d'une sculpture moderne, dédiée aux Enfants de Lir"...


Nous finirons notre rando tranquillement, je dois avouer même péniblement. Et même si le panneau en gaélique nous conseille d'y aller doucement, il n'était nul besoin de le dire


Si la journée fut éprouvante pour nos mollets, il va sans dire qu'elle fut empreinte d'une magie qui restera gravée dans nos mémoires, pour laquelle même un millier de photos  ne pourront représenter vraiment.